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Société

Entourage pour toutes : collecte et rencontres

Collecte, goûter et sensibilisation mais surtout partage. Un leitmotiv cher à l’association Entourage qui s’unissait, à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, à la mannequin Léna Simonne afin d’aider les femmes en situation de précarité. Un dimanche après-midi à Jaurès aux côtés de centaines de riverains venus prêter main forte.

Des sacs remplis de brosses à dents, sous-vêtements, serviettes hygiéniques se pressent sous la grisaille parisienne pour atteindre le lieu de la collecte. Au 6 quai de Seine, dans le 19e arrondissement de Paris, Les Canaux accueille l’évènement. Ce lieu soutient les acteurs engagés pour la solidarité et était donc tout trouvé pour l’association Entourage.

Créée en 2016, l’association s’engage à créer du lien entre les sans-abris et les riverains. « On oublie trop souvent que s’ils ont besoin de manger, ils ont encore plus besoin de parler », explique Claire Duizabo, directrice de la communication de l’association. Alors cet évènement « n’est pas seulement une collecte » mais aussi et surtout l’occasion de créer du lien social.

L’union fait la force

« Lors d’un de nos évènements, Léna Simonne nous a identifié dans une story Instagram, raconte Claire. Je l’ai ensuite contactée pour qu’on organise ensemble cet évènement ». La mannequin française – aux 317 000 abonnés sur Instagram – s’engage pour les personnes en situation de précarité.

Elle avait participé à des collectes de vêtements en 2019, cette fois elle est co-organisatrice de l’évènement. « J’ai plein d’échantillons Sephora, je ne sais même plus quoi en faire », avait confié Lena Simonne, visage de la marque. En plus des goûters et des jeux, les femmes en situation de précarité, présentes dimanche, ont pu profiter des stands de maquillage et de manucure mis en place par l’égérie de la marque de cosmétique.

Des rencontres et de la bonne humeur

A l’entrée des Canaux, un pôle d’accueil de l’association Entourage nous renseigne sur l’évènement : « Tout droit il y a la collecte, à droite les assos et à gauche l’espace goûter ! » L’espace collecte nécessite trois bénévoles tant les dons sont importants. Il y a des brosses à dents, des chaussettes, des cotons à démaquiller, des protections menstruelles…

Des jeunes jouent au mikado aux Canaux. Crédits : Margot MICHEL

Des articles qui étaient conseillés sur la page Facebook de l’évènement. Autour de la collecte s’organise des activités. Sur une table, on se concentre pour ne pas faire tomber les mikados et sur une autre, la frénésie du Uno s’ajoute à la bonne humeur ambiante.

 

 

 

 

Une équipe motivée

Aux Canaux, tout était fait pour accueillir au mieux les femmes en situation de précarité, les riverains, et les associations présentes sur place pour sensibiliser le public aux actions menées. Dans tous les coins de la pièce « les petits bonhommes oranges » s’affairent, le sourire aux lèvres et déterminés à ce que tout le monde ici passe un bon moment.

L’espace goûter à la collecte du 8 mars. Crédits : Margot MICHEL

Les uns s’occupent à monter une sono pour accueillir Le Duo Paradoxe qui jouera en milieu d’après-midi. D’autres sont derrière le bar et découpent les gâteaux que des voisins sont venus apporter. Enfin, les derniers transportent les cartons pleins de dons vers la réserve.

 

 

 

L’occasion de sensibiliser le grand public

« La collecte d’aujourd’hui n’est pas qu’une collecte. On peut venir pour jouer, manger, il y a aussi plein d’assos à découvrir », explique Claire, directrice de la communication d’Entourage. L’espace de sensibilisation était un « must-have » pour elle : « on accompagne le grand public pour qu’il aide lui-même. On souhaite vraiment provoquer des déclics aujourd’hui. »

Dans la salle derrière l’affiche « sensibilisation », des bénévoles de différentes associations étaient là pour en dire plus sur leurs actions. Agir pour la Santé des Femmes, Le Filon, et le Samu Social de Paris étaient là pour l’occasion. Tous partagent l’envie de créer du lien avec les femmes dans le besoin.

L’espace sensibilisation à la collecte du 8 mars. Crédits : Margot MICHEL

Des associations engagées

« On cherche à révéler les talents et les richesses des femmes », explique Cécile, en disposant les flyers du Filon sur sa table. Elle a rejoint l’association en tant que bénévole et est maintenant salariée de l’association. Ce qui l’a séduite, c’est la convivialité qu’elle trouvait dans les évènements organisés par l’association : « Quand on fait des déjeuners solidaires on cuisine toutes ensemble c’est sympa ». Un esprit de convivialité partagé par Eve, du Samu Social. Son association ouvres les douches municipales aux femmes, chaque après-midi. Elle confie : « On n’est pas une très grande association. Ça nous permet de mieux connaître les femmes qui viennent. »

Ces associations se mobilisent pour apprendre à connaître ces femmes mais surtout pour les accompagner. Agir pour le Développement de la Santé des Femmes est formée de plus de 200 bénévoles. Parmi eux, des femmes repères, comme Adama, présente pour faire découvrir son association. Ces femmes sont des anciennes sans-abris. Elles aident l’association à trouver les femmes qui vivent dans la rue et à les accompagner. « Pendant les maraudes, on trouve ces femmes, on leur distribue un kit d’hygiène de première nécessité : shampooing, crème, tampons… énumère Adama. Mais à terme, on les accompagne pour qu’elles soient autonomes. » Les associations servent l’intermédiaires entre ces femmes sans-abris et d’autres organismes plus spécialisés, dans la création d’un CV ou la recherche d’un hébergement.

Changer de regard sur les sans-abris

L’association Entourage, c’est aussi accompagner le grand public à mener des actions au quotidien, et à changer de regard sur les sans-abris. Et pour cela, quoi de mieux qu’une application ? « Au départ on ne savait pas ça, mais une étude a montré que 71% des sans domicile fixe ont un smartphone », rappelle Claire.

L’application Entourage. Crédits : Margot MICHEL

L’application Entourage compte désormais 96000 utilisateurs et plus de 9000 actions ont été menées. Le principe est simple : chaque utilisateur.trice peut proposer de l’aide ou en demander. L’application utilise les données de localisation pour permettre aux riverains d’agir dans leur secteur. Cela peut se faire sous forme de dons de vêtements chauds en hiver ou de maraude par exemple.

 

Petits déjeuners conviviaux, temps de parole, évènements sportifs ; tout est bon pour créer du lien entre sans-abris et riverains. Claire décrit son association avec beaucoup de tendresse : « Ça permet surtout de changer le regard des gens sur les sans-abris. On dédramatise, on essaye de parler d’un sujet déjà assez sordide et on le rend positif et coloré. C’est ça Entoutou. » Une application qui permet à chacun de changer le quotidien d’autrui. Cela se fait en donnant de son temps ou simplement en changeant le regard que l’on porte sur les sans-abris. Elle conclut : « Ce sont des gens comme nous. »

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