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Société

Marche de nuit : la convergence des luttes féministes

A la veille de la journée internationale du droit des femmes, une marche de nuit féministe se tenait à Paris. Ce samedi 7 mars, au départ de la place des Fêtes et direction République, des milliers de femmes étaient présentes dans le cortège. Beaucoup de courants s’étaient donné rendez-vous, des éco-féministes aux antifascistes en passant par des collectifs comme NousToutes. Une convergence des luttes sans précédent.

Manifestantes dans le cortège. Crédits : Margot MICHEL

 

« So-so-solidarité avec les femmes du monde entier ». Au départ du cortège, place des Fêtes, à Paris, aux alentours de 20h, le message est clair. Ce samedi 7 mars, les femmes sont dans la rue, ensemble. Elles comptent bien chanter à l’unisson pour faire valoir leurs droits et dénoncer les violences qu’elles subissent au quotidien. Des centaines de pancartes se dressent au milieu de la marée de poings levés. Les revendications sont inscrites sur les panneaux et les banderoles, fièrement brandis.  « Violence sexiste, riposte féministe », « féministes antifa », « ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquêtes », « contre toutes les violences hétéro-cis-sexistes et racistes ». Autant de slogans que de combats pour lesquels les femmes luttent chaque jour.

 

 

Une convergence des luttes

Une manifestante portants un masque avec le nom d’une femme victime de féminicide. Crdits : Margot MICHEL

Les chants ne trompent pas. Malgré les différents cortèges qui se distinguent le long de la marche, les slogans clamés incluent différentes luttes : « Assez, assez de cette société qui ne respecte pas les trans, les gouines, les racisées/les femmes voilées. » Si au quotidien, aucune de ces femmes ne vit la même discrimination, elles se montrent solidaires les unes envers les autres. « C’est le réveil des tensions, le réveil de la solidarité ! On va gagner ensemble ! », souffle une femme à ses voisines de manifestation.

 

Chacune pour leur combat, elles prônent la liberté du corps de la femme et son utilisation. En tête de cortège, les « chianteuses » : ces femmes qui chantent leurs revendications sur des mélodies que tout le monde connaît. Sur l’air de Ma philosophie d’Amel Bent, elles reprennent en cœur « en burkini en minijupe on est des sœurs, qu’on soit unies, qu’on soit toutes ensemble pour leur tenir tête, les affronter le poing levé. »

Brandies au-dessus de la foule, les pancartes indiquent des messages forts. Le port du voile, la prostitution, la masturbation féminine sont autant de sujets tabous qui sont défendus ce soir-là. « Le voile ne tue pas, le patriarcat oui », « enfermez les violeurs, pas nos clients », « ne me touche pas je m’en charge ». Toutes ces femmes sont ici ce soir pour reprendre possession de leur corps et éradiquer le mythe de la femme objet. Elles veulent faire passer le même message : les femmes sont fortes, et exigent que la société respecte leurs libertés de choix et arrête de ne voir le corps de la femme qu’à travers le regard de l’homme. Un prisme qui n’était ce soir-là pas le bienvenu : la marche était en non-mixité choisie.

Toutes pour la non-mixité

« Marche nocturne SANS MEC CIS ». Voilà ce qu’on peut lire sur le groupe Facebook de l’événement, organisé par Association Hystérique. Pas une phrase pour expliquer cette simple consigne qui apparaît comme une évidence pour beaucoup de femmes dans le cortège. Françoise fait partie du collectif La marche mondiale des femmes. Elle est venue de Valence avec le groupe de Drôme-Ardèche. Ensemble, elles tapent sur leurs tambours, pour donner du rythme à leur colère. Pour elle, dans ces manifestations, qui ont lieu la nuit, la non-mixité est indispensable. « C’est le combat des femmes, quand on se retrouve le soir comme ça, on ne peut pas faire sans la non-mixité. »

Pour d’autres femmes présentes ce soir, cette non-mixité fait d’abord réfléchir. Est-ce qu’exclure les hommes cis de cette lutte n’est pas finalement sexiste ? Est-ce que l’exclusion ne va pas à l’encontre du message que la marche veut faire passer ? Mina et Laurie se sont posés ces questions la première fois qu’elles ont entendu parler de l’événement. Après réflexion, le constat est simple : « on a besoin de la non-mixité pour se réapproprier la rue. » Parce que pour beaucoup de ces femmes, marcher seules le soir est une épreuve. Prendre le métro en est une aussi. Quand la nuit tombe, elles subissent des regards qui font de ces espaces publics une jungle. Alors, pouvoir se sentir puissante, entre elles, la nuit, ce n’était pas une option. « On n’a plus peur ensemble », conclut Laurie.

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