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Société

« Le vin du XXe en 2020 »

Plus d’un an après avoir remporté le budget participatif pour planter des vignes à Charonne, l’association la Butte aux Vignes multiplie les actions pour renouer avec le patrimoine viticole du quartier. Rencontre avec sa cofondatrice, Aurélie Fournier.

Dans le quartier de Charonne dans le XXe arrondissement de Paris, un rien évoque le passé viticole de l’ancien village. À commencer par le nom des rues comme la rue des Viticoles, « très évocateur », la rue de la Ferme-de-Savy ou de la Fontarabie, « d’anciennes fermes où l’on fabriquait du vin », commente Aurélie Fournier. « Jusque vers 1850, Charonne était un haut lieu viticole où les vignes occupaient trois quarts de l’espace », détaille-t-elle. La cofondatrice de l’association La Butte aux Vignes travaille depuis deux ans à « réhabiliter le patrimoine viticole » de son quartier.

Des membres de la Butte aux Vignes. À gauche Thierry et au centre (en bleu) Aurélie Fournier, cofondateurs. Crédits : la Butte aux Vignes.

« Tout est parti d’une rencontre, raconte-t-elle. Mon mari et moi déchargions sa voiture des caisses du vin qu’il vinifie dans le Gard. Thierry, un habitant du quartier nous arrête et nous interroge sur le vin. Et on en vient à discuter de replanter dans le XXe. » Depuis, Thierry a cofondé l’association qui compte désormais une trentaine de membres d’âges et de profils variés. Parmi eux,  une sommelière et le chef du département de la viticulture de l’Organisation internationale du vin et de la vigne (OIV). Moins d’un an après sa création, l’association remporte en octobre 2018 le budget participatif de 75 000 €. Le projet est plébiscité par les citoyens, qui l’ont élu au détriment d’autres propositions. L’objectif : planter 80 pieds de vignes dans le jardin Henri-Karcher sur quatre zones de 20m2.

Zone pour les vignes dans le jardin Henri-Karcher, 165 rue des Pyrénées. Crédits : la Butte aux Vignes.
« On a des tas d’idées »

Un an et demi plus tard, le projet est encore loin de voir le jour. « Ça a pris six mois pour rencontrer la direction espace vert et environnement de la mairie du XXe, explique Aurélie Fournier. Puis, il a fallu lancer les analyses de sol, à déduire de notre budget, alors que nous ne les avions pas prise en compte au départ. » Comme aucun euros remporté ne transite sur le compte de l’association, tout passe par la mairie. « C’est une grosse machine lourde et lente », résume Aurélie Fournier. S’ajoute à cela l’éventuelle extension du jardin Henri-Karcher qui pourrait encore repousser la plantation des pieds de vignes. Les élections municipales semblent bloquer tous les projets en cours. « On devrait pouvoir planter dans l’année, positive Aurélie Fournier, et avoir le vin du XXe en 2020. »

Loin d’être inquiète, la cofondatrice multiplie les projets : « On a des tas d’idées. » Parmi des lieux de plantation de vignes, l’association lorgne sur le passage entre la rue de la Mare et la rue des Cascades, géré par le bailleur social Paris-Habitat.

Entre les rues de la Mare et des Cascades. Crédits : la Butte aux Vignes.

Autre site en vue : une « mini parcelle » dans la cour de l’école maternelle Fontarabie, « du nom de l’ancienne ferme », rappelle Aurélie Fournier. « C’est l’occasion d’apprendre aux tous petits le processus végétal et l’histoire du quartier. Ça créé du sens. » 

La Butte aux Vignes ne s’arrête pas là. L’association a été contactée par le cabinet de l’adjointe à la mairie de Paris chargée des espaces verts et des affaires funéraires. À la clef : planter des vignes le long d’un mur à l’intérieur du Père Lachaise. « Ça les intéresse de végétaliser, on tombe à point nommé », se félicite Aurélie Fournier.

Mur du Père Lachaise côté rue de la Réunion. Crédits : la Butte aux Vignes.

Il existe de nombreuses autres vignes à Paris.

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