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Marina Zubaloff : « L’enseignement du secourisme se développe mais reste insuffisant »

Après neuf ans à travailler comme kinésithérapeute et professeure de sport à l’université Paris-Dauphine, Marine Zubaloff s’est tournée vers l’enseignement des premiers gestes de secours. Si les pompiers et les personnels hospitaliers sont formés au secourisme, des cours sont aussi dispensés dans les écoles, les bureaux et pendant la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) obligatoire   pour les jeunes recensés.

D’où vous est venue cette vocation pour le secourisme ?

De ma maman. Elle était formatrice en secourisme et elle me racontait des cas concrets d’élèves qui ont sauvé leurs parents. Ces petits gestes ne sont pas compliqués mais ils permettent de sauver des proches. J’ai aussi ma spécificité de kinésithérapeute : la prévention et la santé sont importantes à mes yeux. C’est pourquoi je prends à coeur d’amener des élèves à gérer leur santé et la santé des autres.

Comme votre maman, avez-vous dû pratiquer des premiers gestes de secours dans votre vie ?

Je n’ai pas vraiment vécu de cas graves où j’ai dû intervenir et réaliser les gestes de premiers secours pour sauver une vie. Mais sur la protection et sur les alertes, dans notre quotidien de prof de sport, on fait face à des traumatismes, des blessures et du coup, on va mettre en place la chaîne de secours. Je n’ai jamais fair face à un incendie ou à une personne qui s’étouffe.

Doit-on enseigner davantage le secourisme en France ?

Il y a quelques années, on avait des dotations horaires assez importantes. Aujourd’hui, on a des dotations beaucoup plus faibles. Du coup, on forme de moins en moins d’élèves alors qu’il faudrai former tous les élèves de 3ème. Mais, même en développant un maximum de projets, on a malheureusement pas assez d’heures, pas assez de matériel et pas assez de formateurs.

Après les attentats terroristes de 2015, le gouvernement a augmenté le budget au secourisme. Pensez-vous que c’est une bonne chose ?

Le gouvernement a donné plusieurs milliards d’euros d’un coup après l’attentat au Bataclan. CHIFFRES PRECIS Mais ces moyens diminuent d’année en année. L’avantage qu’on a aujourd’hui, c’est que le secourisme peut être enseigné à l’école. Cela permettrait d’offrir aux jeunes une formation inaccessible auparavant car une formation de secourisme à la Croix-Rouge peut coûter entre 60 et 100 €.

Selon vous, que faire pour plus sensibiliser la population au secourisme ?

La Croix-Rouge mène des actions de sensibilisation à certains gestes avec des mannequins. Chaque année avant les fêtes, les pompiers assurent aussi des formations gratuites. Mais il faudrait des formations vulgarisées pour faire connaître les gestes banals comme appeler les secours.

Vous dites que dans une situation grave, les gens ne pensent pas à téléphoner aux pompiers ou aux ambulanciers ?

Non pas toujours ! Les gens ne prennent pas forcément le temps d’appeler et lorsqu’ils le font, ils ne donnent pas forcément toutes les informations. Pour rappel, il faut indiquer son prénom et son nom, l’adresse de l’incident et le numéro de téléphone. Alors, je comprends que certaines personnes stressent de devoir s’occuper d’une victime mais sans informations, les secours ne peuvent rien déclencher. D’ailleurs, on ne reprochera jamais à quelqu’un de ne pas agir physiquement. La seule chose que l’on peut reprocher c’est de ne pas appeler.

Etes-vous satisfaite des résolutions prises par l’université Paris-Dauphine sur les gestes de premier secours ?

Le programme de l’université est plutôt intéressant. On a mis en place des formations de trois fois trois heures le lundi après-midi et des formations le soir ou le samedi matin sur la base du volontariat. Je pense qu’à un moment donné, il faudrait enseigner certains premiers gestes de secours. Par exemple, dans les maquettes de formation de première année, on devrait bloquer trois heures dédiées à cette formation. C’est quelque chose de réalisable.

Alexis Vallée

 

Crédits photos : Pixabay

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