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Sur les traces du parcours sportif entre Nation et Stalingrad

Depuis 2014, près de 1000 projets ont été choisis par les Parisiens dans le cadre d’un budget participatif. Sur la 2 a suivi l’un de ces lauréats : le parcours sportif entre Nation et Stalingrad.

Le 11 janvier, Anne Hidalgo a annoncé sa candidature pour les élections municipales de mars prochain. Parmi ses propositions de campagne : une augmentation des moyens consacrés au budget citoyen, instauré en 2014. Ce dispositif utilise 5 % du budget d’investissement de la ville pour réaliser des projets proposés sur une plateforme Internet, soumis ensuite au vote des Parisiens. La maire sortante souhaite, si elle est réélue, y consacrer 25 % du budget.

L’édition 2015 a couronné le projet « Aménagement d’un parcours sportif sur les grands boulevards du 11e arrondissement ». Proposé par le  Conseil de quartier Léon Blum Folie-Régnault et par un utilisateur, il avait obtenu 1406 votes. 

Le concept ? La création de sept tronçons entre Nation et Stalingrad, où seront aménagés une voie pour les coureurs ainsi que différents appareils de fitness. Après les phases d’études et de travaux, le projet devait être finalisé fin 2019. Il est pourtant toujours en phase de construction à ce jour.

Une promenade invisible

Sur certains tronçons, la promenade est encore peu visible. Seule une piste pour les coureurs, parfois encombrée d’un cylindre ou d’un bloc de ciment. Pour seule explication, des panneaux de la mairie. Sous l’intitulé « C’est quoi, ce chantier ? », on retrouve les détails de la durée et de l’ampleur des travaux. Malgré leur présence, de nombreux habitants interrogés ignorent l’existence du projet, voire même du budget participatif lui-même. « J’en ai jamais entendu parler, assure une habitante du quartier. Entre Nation et Stalingrad, ça fait loin ». Le parcours sportif est, en effet, censé s’étendre sur 4,4 kilomètres. 

Le premier tronçon (entre Nation et Avron), le cinquième tronçon (entre Place Jean Ferrat et Belleville) et le septième (entre la place du Colonel Fabien et la place de la Bataille de Stalingrad) sont ceux où les travaux sont le moins avancés. Tous devaient être livrés en 2019, le premier en septembre et les deux autres derniers en décembre.  

La mairie, que nous avons contactée pour demander des renseignements sur un nouveau calendrier des travaux, n’a pas donné suite à notre demande.

Des installations boudées par les passants

Mais même quand les installations sont là, le succès n’est pas forcément au rendez-vous. Comme sur le deuxième tronçon, entre Avron et Philippe Auguste, ouvert en 2017. Sur le terre-plein, la plupart des passants marchent à côté, sans y prêter attention. En trente minutes, seule une dame avec son chien essaie une machine faisant travailler les pectoraux — avant de se relever rapidement. Plus loin, un homme s’installe sur le banc d’un autre appareil pour fumer sa cigarette. Un sentiment d’indifférence confirmé par un habitant à Philippe Auguste : « Ça m’a un peu étonné ce projet. Je passe par ce chemin régulièrement et je ne vois pratiquement jamais personne sur les machines. »

Délaissés de leur fonction principale, comme certains vélos elliptiques privés de leurs pédales, les appareils sont néanmoins utilisés pour d’autres fins. De nombreux autocollants y sont collés, souvent avec des messages politiques. Des membres de la campagne de Benjamin Griveaux ont même fixé des affiches sur des barrières délimitant le chantier. Leur message : « Une reprise en main des travaux à Paris, c’est pour quand ? »

Quelques coureurs se faufilent entre les passants sur le sixième tronçon du parcours. Crédits: Marie Delumeau.

Un succès relatif est finalement perceptible au sixième tronçon, entre Belleville et la place du Colonel Fabien. Enfin apparaissent des coureurs ! Sans doute séduits par le terre-plein aménagé et bordé de verdure. 

Le bonheur des boulistes

La promenade sportive fait surtout le bonheur d’un groupe particulier : les amateurs de pétanque. Sur la place du Colonel Fabien, un boulodrome a ainsi été installé en plus des machines. Une vingtaine de joueurs y sont réunis et comme ceux que Sur la 2 avait rencontré à Nation, ils prennent leur discipline très au sérieux. Un habitué commente entre deux tirs : « Ça fait quelque temps que les installations sont là, c’est pour les Jeux Olympiques de 2024. »  Même si la pétanque ne sera pas un sport olympique aux Jeux de Paris, les boulistes sur le parcours sportif semblent se préparer avec le plus grand sérieux, juste au cas où.

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