Image default
A la une Hors ligne

Wall Street Pigalle : devenir trader le temps d’une soirée

Au bar Wall Street, situé à 200 mètres à peine de la station Pigalle, l’ambiance est effervescente. Le prix des boissons fluctue comme à la bourse. Un objectif : obtenir vos boissons au meilleur prix.

Immersion sonore au Wall Street Pigalle

Au Wall Street Pigalle, pas de cartes pour les boissons mais un écran pour les afficher. Sur cet écran, bières, cocktails et vins se mélangent au compte à rebours d’une minute trente au bout duquel chaque prix change. Au fur et à mesure que les 90 secondes s’écoulent, de plus en plus d’yeux se rivent sur l’écran. A certaines tables, la discussion s’arrête même au profit d’un simple et efficace : « regardez regardez, plus que 5 secondes. »

A l’issue du compte à rebours, l’écran avise des meilleures baisses et des plus fortes hausses des prix. Question fatidique : « Alors tu prends quoi ? » Deux choix possibles : on privilégie une boisson peu chère ou on attend le prochain tour pour tenter sa chance sur son cocktail préféré.

Au Wall Street, les prix fluctuent en permanence. © Margot Michel

Un concept qui vient du Sud de la France

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le nom, le concept ne vient pas des Etats-Unis. En dehors de la France, aucun bar ne fait fluctuer ses prix comme le Wall Street. D’après Sacha (pseudo), serveur du bar : « A chaque fois que des Américains viennent dans ce bar, ils trouvent le concept fou, ils pensent tomber sur un bar américain et découvrent l’idée. Ils n’en reviennent pas. »

D’autres bars qui proposent le même concept existent à Lyon et à Toulouse. Le nom est presque identique : le Wall Str’eat. Une des différences entre les deux bars est le système sur lequel repose l’algorithme. A Toulouse, il repose sur le principe de l’offre et de la demande. Théoriquement, plus les gens commandent une boisson, moins elle est chère. Au Wall Street Pigalle, l’algorithme est aléatoire. Il suffit de rentrer une fourchette de prix pour chaque boisson et, à chaque compte à rebours, le changement est fait au hasard.

Chaque minute et demi, les principales hausses et baisses de prix s’affichent à l’écran. © Margot Michel

Des particularités en fonction du jour de la semaine

Les vendredis et les samedis, l’ambiance est à son comble. Au milieu de la soirée, l’alarme retentit, les lumières du bar clignotent en rouge, tout le monde lève la tête pour comprendre ce qu’il se passe : c’est le krach boursier, qui peut se produire jusqu’à deux fois dans la soirée. Tous les prix chutent, les personnes encore attablées se ruent pour accéder au bar et passer la commande avant la fin du krach. Les serveurs ne savent plus où donner de la tête et enchaînent les commandes au rythme de l’alarme.

Les lundis soir, le Wall Street propose un blind test à 20h30. Si le bar réunit moins d’intéressés pour la musique que pour le krach boursier, l’ambiance n’en est pas moins festive. Les habitués s’y retrouvent et en oublient presque la fluctuation des prix à l’écoute d’un titre de Céline Dion ou de Queen.

Articles connexes

Mamadou Yaffa : des photos pour rassembler le 18e

Marion Pépin

Les postiers plantent la graine de la transmission

Simon Adolf

Avec des pochoirs, Nous Toutes se réapproprie la rue

Selma Riche