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A la une Pêche à la ligne

La ligne 2, cible privilégiée des pickpockets

Vols violents, bandes organisées, le nombre de pickpockets ne cesse d’augmenter dans les transports franciliens. La ligne 2, très fréquentée et touristique est particulièrement touchée par ce fléau. Les usagers subissent au quotidien ce désagrément, sous l’œil impuissant des conducteurs.

 

« Attention, des pickpockets peuvent être présents à bord du train. » L’annonce sonore ne surprend plus les usagers de la ligne 2 tant elle est devenue régulière. Aussi régulière que les vols dans le métro. Entre les stations Place de Clichy et Anvers, l’avertissement est diffusé automatiquement toutes les deux minutes. Cela n’empêche une hausse constante des vols sur la ligne.

La ligne 2 parmi les plus touchées

Entre janvier et octobre 2019, Ile de France Mobilités a annoncé une hausse de 60% des vols sur son réseau. La ligne 2 compte parmi les lignes les plus impactées. Avec ses 109 millions de voyageurs par an, elle dessert des stations très touristiques comme Anvers, à Montmartre. Trois de ses stations connaissent une forte augmentation des vols depuis le début de l’année : Stalingrad, Barbès-Rochechouart et La Chapelle. Celles-ci se placent dans le top 10 des stations les plus touchées de Paris.

Légende : 
Bleu marine : ligne 2
Les stations les plus touchées en :
Jaune : ligne 1
Bleu foncé : ligne 2
Vert : ligne 3
Violet : ligne 4

Des chiffres qui corroborent les dires des conducteurs de rame. « Entre Place de Clichy et Stalingrad, ils sont tout le temps là, du premier au dernier métro », soupire Alain, dix-huit ans de service sur la ligne 2.  Pour le conducteur, le phénomène n’est pas nouveau : « ça a toujours existé, mais c’était moins violent, ils se sont durcis, ils sont plus agressifs. » Géraldine, elle aussi conductrice, confirme : « Des agents se font menacer de mort à la station d’Anvers, en salle de distribution des tickets, au milieu des touristes. »

Des conducteurs impuissants

Le phénomène a pris de l’ampleur et s’est organisé. « On voit les bandes tourner », témoigne Alain. « Chacune a son territoire, d’une station à l’autre on les voit tous descendre pour laisser la place à une autre bande », explique-t-il.  Les conducteurs voient de plus en plus de mineurs à l’action. « S’ils se font arrêter, ils reviennent dès qu’ils sont libérés. » Les conducteurs se désolent de leur impuissance. « On ne peut que faire des annonces, dire à ceux qui sont juste derrière nous de dégager, mais c’est tout. » déplore Alain.

« Le problème, c’est qu’ils agissent avec un sentiment d’impunité la plus totale », ajoute un autre conducteur.

Alain l’affirme : « Il faudrait de la dissuasion à temps complet. » Une expérimentation avait fait ses preuves en juin 2019. Des agents de sécurité patrouillaient non-stop sur la ligne 2, entre les stations Barbès-Rochechouart et Place de Clichy. Les vols avaient drastiquement baissé, « les bandes ne venaient plus », confirme le conducteur chevronné. Un dispositif coûteux qu’Ile-de-France-Mobilités n’a pas reconduit dans la durée.

Des usagers excédés

« Pour évacuer les pickpockets, le train stationne et ça crée du retard », précise Alain. Une double peine pour les usagers de la ligne 2. Chacun a son histoire de vols à raconter. Gabrielle, voyageuse quotidienne de la 2, témoigne : « Mon amie s’est fait voler son portable à l’arrachée dans le métro. Elle a couru après le voleur sur le quai et a réussi à le récupérer. Comme le conducteur l’avait vue, il a laissé les portes ouvertes et a attendu qu’elle remonte. » Tous n’ont pas cette chance. Maëlle confirme : « La dame était sur son téléphone, et au dernier moment, alors que les portes allaient se fermer, le pickpocket a attrapé le portable et est sorti. Elle n’avait aucun moyen de le rattraper. »

Pour répondre à la hausse des vols, Ile-de-France-Mobilités (IDFM) a annoncé le recrutement de 200 agents supplémentaires sur le réseau RATP. Ils s’ajouteront aux 5 300 agents de sécurité en patrouilles. L’IDFM promet également d’installer des caméras de surveillance sur 100% de son réseau. Une mesure qui concerne peu la ligne 2, et le métro en général, où toutes les stations en sont déjà équipées.

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