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Les femmes de l’US Paris XI attaquent la saison en nombre après la Coupe du monde

Trois mois après la Coupe du monde féminine de football, Sur la 2 est retourné sur le terrain où s’entraîne la section féminine de l’Union Sportive Paris XI (US Paris XI). Pour le club qui plaçait de grands espoirs dans cette compétition, le pari semble gagné.

« Oui, on peut parler d’un après Coupe du monde », se réjouit Nino, entraîneur adjoint de l’équipe loisir de l’US Paris XI. Au lendemain de la compétition remportée par les Américaines, cette formule pleine d’espoir retentissait dans la bouche de Gianni Infantino, président de la FIFA. Rencontré en amont de la Coupe du monde, le club parisien espérait un engouement national pour compléter ses effectifs. L’US Paris XI n’est pas le seul club à connaître un tel phénomène. En moyenne, les clubs français témoignent d’une augmentation de 15 à 30% de licenciées pour la saison 2019-2020.

« L’année dernière les filles n’étaient même pas assez pour constituer une équipe de foot à 7. », assure l’entraîneur adjoint de la section loisir. Depuis septembre 2019, l’effectif tourne autour de vingt joueuses par entraînement. « On pourrait recruter encore une ou deux filles mais au-delà ce n’est plus possible. », poursuit Nino.

Sur le terrain synthétique du stade Maryse Hilsz, les encouragements des coachs prennent le dessus sur les Klaxons du périphérique voisin. Les rouges et blanches de l’US Paris XI sont désormais assez nombreuses pour enchaîner les exercices de possession de balle et les matchs à 7. Impossible à imaginer la saison précédente.

Un terrain, deux ambiances

Cette situation entraîne inévitablement certains changements. Plus d’organisation et d’anticipation pour les coachs. Raphaël, entraîneur adjoint explique : « Maintenant au sein de la même section on peut former différents groupes de niveaux et d’envies. On peut s’adapter entre les filles qui veulent moins se mettre la pression et celles qui préfèrent être challengées. ». Pourtant la bonne humeur et l’ambiance familiale se cultivent dans cette équipe composée de femmes âgées de 16 à 38 ans. Les nouvelles recrues, c’est surtout du « bouche-à-oreille », précisent les entraîneurs.

Les jeudis, de 20h à 22h, l’équipe senior A et l’équipe senior loisir se partagent la pelouse synthétique du stade Maryse Hilsz. / © Léa Dandois Delaigue

 

Sur le même terrain s’entraîne également l’équipe à 11, qui évolue en Régional 3 (R3). Sur cette partie du synthétique le ton est plus strict. Le collectif féminin a essuyé une défaite en Coupe de France contre le Paris Université Club le samedi 2 novembre. « La semaine dernière elles étaient pile 11 pour jouer un match important. », déplore Nino. L’effectif tourne peu. L’équipe peine à recruter. Malou, qui évolue dans la section loisir, explique cela par la priorité donnée à la recherche du jeu plutôt qu’à la compétition: « Je voulais un sport collectif et ludique avant tout. »

 

Des effets difficiles à évaluer

Pour pallier ce déficit, des filles du groupe loisir doivent parfois compléter l’effectif en R3. Alors qu’elle se prépare à enchaîner quelques têtes, Clotilde est appelée par Hugues Borda, l’entraîneur de l’équipe principale. Le président du club, Olivier Fourrier, avance le chiffre d’une soixantaine de joueuses, toutes équipes confondues. Un chiffre stable par rapport à l’année dernière. Toutefois, en dessous de 14 ans, les équipes restent mixtes, le nombre de licenciées n’étant pas suffisant.

Pour composer une équipe loisir, le président du club, Olivier Fourrier, avait dû recruter lui-même des filles pour la saison 2018-2019. Changement considérable cette saison, où les filles de la section évoluent à minimum 15 par entraînement. / © Léa Dandois Delaigue

Au niveau national, l’emballement est clair mais connait ses limites. Sur deux millions de licenciés, seules 180 000 sont des femmes. Un chiffre encore loin de l’objectif de 200 000 fixé pour 2020. En effet, si les matchs des Bleues ont connu un succès lors de la Coupe du monde, l’engouement populaire reste difficile à évaluer. Les droits télévisés de la première division féminine (D1), possédés par Canal+, s’élèvent aujourd’hui à 1,2 million d’euros par saison. Un record. Le classique PSG-OL peut rassembler quelque 487 000 spectateurs. En revanche, des affiches plus confidentielles peinent à mobiliser les téléspectateurs. Pour éradiquer les clichés, il faut toujours plus « travailler sur la médiatisation et avoir des femmes entraînées par des femmes », clame Venda, au club depuis 5 ans.

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