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Colonel Fabien : avec les nageurs du soir de la piscine Pailleron

Une piscine pour les noctambules. L’espace sportif Edouard Pailleron (métro Jaurès) est l’un des seuls endroits à Paris où l’on peut piquer une tête jusqu’à 22h30 tous les jours de la semaine. De quoi attirer les nageurs qui enchaînent les longues journées de travail. 

 

Thibault, 28 ans, comptable : « Le soir, c’est pas la même fatigue. »

Crédit : Lucie Mouillaud

Moi, je pense au boulot tout le temps. Et les journées sont chargées, surtout en ce moment avec le prélèvement à la source. Je fais du 9 heures – 20 heures, voir 22 heures. Je bosse dans le 16e arrondissement et après le travail, je rentre pas chez moi, j’y vais direct. Le soir, c’est pas la même fatigue, on est juste fatigué mentalement.

 

Abdel Raouf, architecte : « Je travaille à Roissy, je mets une heure pour venir. »

Crédit : Thibault Droulez

J’ai commencé il y a deux mois, entre deux et trois fois par semaine. Je viens toujours après le boulot, et comme je travaille à Roissy, le trajet dure une heure.  Souvent, je viens avec un ami, un ancien collègue. Pour se motiver, être accompagné, c’est quand même mieux ! Le plus de cette piscine, c’est le jacuzzi. C’est ma récompense après l’entraînement !

 

Ida, 26 ans, spécialiste de l’art contemporain : « J’adore ne pas avoir à réfléchir à ce que je dois faire. »

Crédit : Thibault Droulez

Je viens toutes les semaines à différentes heures. Le matin il y a plus de femmes, et le soir c’est presque que des trentenaires. Ce qui est bien, c’est que je peux venir quand je veux, quand je peux, il n’y a pas d’horaires.
Je préfère venir seule. Quand je nage, je fais le point sur ma journée et sur ce qui s’est passé. Sauf quand je vais vite, là, je ne pense plus à rien ! J’avais rencontré une peintre qui travaillait sous l’eau pour représenter un monde clos. Je comprends cette idée, quand je nage c’est du temps pour moi. J’adore ne pas avoir à réfléchir à ce que je dois faire. Je n’ai pas besoin d’obéir à un ordre. Je me concentre juste sur les gestes qui me font du bien.

 

Fethi, communicant dans l’événementiel : « Franchement, si je pouvais venir sept jours sur sept, je le ferais ! »

Crédit : Thibault Droulez

Ce qui est bien le soir c’est qu’il n’y a pas de pression, je suis dans ma bulle ! Et même s’il y a du monde, tout le monde est courtois, c’est bonne ambiance. Je préfère m’entraîner seul, comme ça si j’ai envie de venir je viens, je ne dois rien à personne. J’adore l’eau. Franchement, si je pouvais venir sept jours sur sept, je le ferais ! Je ne suis pas nageur de base, mais j’ai des plongeurs dans ma famille. Ils font de la chasse sous-marine. J’en fais aussi, en Méditerranée. 

 

Guillaume, étudiant en médecine, 27 ans & Thomas, étudiant en économie, 18 ans : « C’est Guillaume le meilleur nageur ! »

Crédit : Thibault Droulez

On est frères et on est venus nager avec des amis. Entre nous deux, c’est Guillaume le meilleur nageur ! [à droite] Ca fait du bien de venir faire un peu de sport, c’est pas une plaie, même le soir. Le matin c’est pas le même public, il y a plus de personnes âgées qui arrivent dès l’ouverture. Mais il y a presque autant de monde que maintenant.

 

Adrien, 27 ans, attaché de presse : « Le matin, j’y arrive pas, je me rendors toujours ! »

Crédit : Lucie Mouillaud

La nuit, les gens sont un peu moins excités. Il n’y a pas d’enfants, ça joue. Le samedi, ça se bouscule. Le piège, c’est de rentrer chez soi après le travail. Là, je me suis pas posé de questions, j’y suis allé direct. Et franchement, le matin j’y arrive pas, je me rendors toujours !

 

Morgane, 26 ans, libraire : « C’est tactique : après le travail, on est directement dans le bain. »

Crédit: Lucie Mouillaud

Je viens deux fois par semaine, toujours le soir. C’est tactique : après le travail, on est directement dans le bain. Quand je nage, c’est un bon moment, je revois tout ce qui s’est passé dans la journée, ce que m’a dit un collègue à la pause…Le soir, les gens sont détente, ils viennent après le travail. Il y a souvent les mêmes personnes. Il y en a un qui me fait rire, il souffle trop fort !

 

Thibault Droulez et Lucie Mouillaud

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