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Arkose Nation, la salle qui grimpe

Ouvert en 2015, le blocpark Arkose Nation est le premier site d’escalade à bloc dans Paris intra-muros. Une salle qui se présente comme un lieu de vie et qui voit d’un bon œil l’arrivée de l’escalade aux Jeux olympiques.

Au premier abord, rien ne permet de penser qu’une salle d’escalade se cache dans cette ancienne papeterie. Sur la terrasse, devant l’entrée, des clients sirotent tranquillement un verre au soleil. Mais une fois les portes passées, la chaleur et les nuages de talc font comprendre qu’ici règne le goût de l’effort. « Notre public est plutôt urbain. On accueille des grimpeurs pur souche, qui pratiquaient déjà l’escalade en outdoor, mais également de plus en plus de novices », confie Pierre Chatel, directeur adjoint d’Arkose Nation.

L’espace, large de 1 200 mètres carrés, est majoritairement occupé par des murs d’escalade en tout genre. Sous une grande verrière se trouve le champignon, paroi unique à laquelle tous les confirmés viennent se mesurer.

Le groupe organise fréquemment des compétitions et propose aux athlètes de les accompagner dans leur communication. ©Arkose

Le bloc, une discipline en vogue

Ici pas d’encordage ou de grappins, l’ascension se fait à mains nues. Les grands tapis de gym amortissent les possibles chutes. « Tout ce dont vous avez besoin pour venir c’est d’une paire de chaussons, révèle Terii, directeur adjoint d’Arkose Nation, on en prête si nécessaire. Tout est fait pour que votre sécurité soit assurée. »

L’escalade de bloc, très répandue aux États-Unis et au Royaume-Uni, se développe en France. « Mais ce n’est pas qu’un effet de mode, tempère la directrice de la communication, Diane Saint-Jean. Notre taux de fidélisation est excellent, les gens viennent deux fois et demi par semaine en moyenne. » La salle recense 700 à 800 personnes chaque jour dont 75 % d’adhérents. « Notre concept se pérennise car il existe une demande du public », juge Pierre Chatel.

« Ici tout le monde se connaît, c’est une petite communauté »

Dans la fosse -mur d’escalade réservé à l’initiation-  une dizaine d’enfants prend un cours. « Nous proposons à la fois des cours pour les adultes et pour les enfants à partir de 3 ans. Ces leçons sont collectives ou individuelles, détaille Terii. On organise aussi des stages durant les vacances. »

L’abonnement à la salle d’escalade pour l’année, coûte 530€ mais on peut aussi venir pour la journée, pour 15€. ©Arkose

Entre deux réponses, Terii et Pierre font la bise, serrent des mains et tutoient leurs adhérents. « Ici tout le monde se connaît, c’est une petite communauté, poursuit Pierre Chatel, tout le monde s’entraide, les nouveaux comme les anciens. »

Un effet JO à prévoir

La petite communauté pourrait rapidement s’agrandir avec l’arrivée de l’escalade aux Jeux olympiques en 2020 à Tokyo. « Les JO vont forcément mettre en lumière la pratique, cela nous sera bénéfique », confirme Diane Saint-Jean.

« L’idée est d’inventer un lieu où l’on peut faire autre chose, avoir une restauration saine, boire une bière ou bien juste se retrouver entre potes »

Le groupe Arkose a déjà anticipé le phénomène et compte sur ses ambassadeurs de renom, comme les frères Mawem, membres de l’équipe de France. « Il arrive qu’on les croise ici à Nation » confient Pierre et Terii. Le groupe y voit une reconnaissance liée à son exigence. « On consacre du temps et de l’argent à la qualité de nos ouvertures, explique Diane Saint-Jean, nous avons un pôle d’ouvreurs, qui régulièrement créé des nouveaux parcours. » À grands coups de perceuse, les ouvreurs modifient 36 pièces par semaine. Ce sont eux qui définissent comment placer les prises pour aménager des parcours plus ou moins compliqués.

Bien plus que du sport

Le groupe ne se cantonne pas qu’à l’escalade. À Nation, c’est un blocpark qui a été construit. Ce concept est né avec le groupe Arkose, en 2013. « L’idée est d’inventer un lieu où l’on peut faire autre chose, avoir une

Un espace de vie qui se développe désormais partout en France puisque le groupe va ouvrir sa onzième salle en mai à Rouen. ©Arkose

restauration saine, boire une bière ou bien juste se retrouver entre potes », énumère Diane Saint-Jean. Le principe tourne toujours « autour des valeurs de l’escalade que sont l’entraide et la bienveillance », ajoute le directeur adjoint d’Arkose Nation.

En plus de la salle d’escalade, le complexe comprend un restaurant, travaillant exclusivement avec des producteurs locaux, un bar et des salles de pilates et de yoga. Au sous-sol, se cache même une microbrasserie, dont la bière est servie au bar du blocpark. Tout un espace de vie qui évolue et n’en finit plus de grimper.

 

Paul RUYER et Anna HUOT

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