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À l’US Paris XI, le football féminin attend un dernier coup de pouce

L’Union Sportive Paris XI dispose d’une équipe féminine depuis 2012. Si la demande est d’année en année plus importante, le club peine encore à recruter de jeunes joueuses. Les parisiennes espèrent que la coupe du monde de football, organisée cette été en France, permettra d’amener un coup de projecteur décisif sur une discipline qui souffre encore d’à priori négatifs.

« Il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginer jouer au football dans un club », explique Nolwenn, joueuse de l’US Paris XI de 26 ans, les cheveux coiffés en crête sur le sommet du crâne. Et pour cause, l’image du football féminin a radicalement changée en l’espace de quelques années. Depuis cinq ans, la fédération française de football a largement fait la place aux femmes. Elle compte environ un tiers de licenciées de plus qu’en 2013, pour un total d’environ 170 000, joueuses, dirigeantes et arbitres confondues. En 2019, le football féminin est en passe de s’adjuger la même notoriété que son homologue masculin en devenant le sport numéro 1 chez les femmes. La discipline n’a désormais plus qu’un pas à faire pour supplanter le handball et le basket, sports-rois du côté des françaises. L’organisation de la coupe du monde du 7 juin au 7 juillet à travers toute la France semble être l’opportunité d’y parvenir. Un évènement attendu par tout le club de l’US Paris XI qui souffre d’un manque de candidature de filles au sein des plus petites catégories d’âges du club.

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Des effectifs encore un peu court

« Je rêverais d’avoir des U11 et des U13 », raconte, un brin désespéré, Olivier Fourrier, président de l’US Paris XI depuis deux ans et demi. En effet, bien que le club de football de l’est parisien soit à l’aune de fêter ses 100 ans, il peine à recruter de jeunes joueuses. Sur les 330 licenciés que compte le club, seul 60 sont des femmes, réparties dans les catégories U16, U17, U18 et seniors. En dessous de 14 ans, les filles sont donc intégrées dans des équipes mixtes faute d’être assez pour constituer des équipes 100% féminine. « Les jeunes joueuses du sud de Paris finissent toutes par rejoindre le Paris FC depuis que ce club a fusionné avec le FCF Juvisy, une référence du football professionnel féminin », détaille Olivier Fourrier, dépité d’une telle situation. Une situation qui perdurait notamment à cause de la discrimination positive mises en place par les pouvoirs publics pour permettre au football féminin de s’organiser. « Certains clubs adoptent une politique de chiffre pour pouvoir toucher un maximum de subventions. S’il est important de favoriser le football féminin a ses débuts, il faudra que cela cesse rapidement pour permettre à tous les clubs d’aligner une équipe féminine vouée à la compétition dans chaque catégorie. », conclut Olivier Fourrier. Mais la concurrence des autres clubs n’est pas le seul facteur pour expliquer le manque d’engouement des jeunes footballeuses à rejoindre l’US Paris XI. Malgré une médiatisation accrue, le football féminin traîne encore avec lui quelques clichés qui en effraient certaines.

Une coupe du monde qui pourrait faire du bien

En matière de football féminin, les clichés ont la peau dures comme des ballons.« Il faut sortir des à priori, j’ai vu des matchs féminins où la violence physique et verbale était plus importante que chez les garçons. Ça n’est pas le meilleur exemple mais c’est pour dire à quel point les idées reçues sur le football féminin sont fausses. », expose Hugues Borda, entraineur de l’équipe féminine numéro 1.« Mes parents m’ont poussé dès le plus jeune âge vers des sports « genrés » comme la danse ou l’équitation. », décrit Nolwenn « Ces dernières années, on voit que les plus jeunes filles qui rejoignent le club n’ont absolument pas l’impression de pratiquer un sport de garçon », continue-t-elle. De la même manière, la coupe du monde organisée en France, peut permettre de susciter des vocations. Rendez-vous à la rentrée prochaine avec du personnel en nombre pour se charger de la recrudescence des inscriptions.

Tous les jeudis soir, l’équipe féminine numéro 1 s’entraîne au stade Maryse Hilsz. Le nom du stade a été donnée en l’honneur d’une des pionnières de l’aviation militaire. Crédit : T.C.

Le siège social de l’association est situé au 4 rue Mercoeur dans le XIe arrondissement à la station Alexandre Dumas. Les entraînements de la section féminine ont lieu un peu plus loin, dans le XXe au porte de Montreuil et de Bagnolet.

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