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La fête de la pleine lune, un jour dans la vie du temple Ganesh

Ganesh, le dieu à tête d’éléphant est la divinité la plus importante de la religion hindoue. A La Chapelle, dans le 18ème arrondissement, un temple porte son nom. Le 19 avril, les fidèles y célèbrent la fête de la pleine lune, dédiée aux figures maternelles décédées. Mais au-delà des célébrations du calendrier hindou, chaque jour, des croyants se retrouvent au temple Ganesh, véritable lieu de vie pour une partie des communautés indiennes et sri lankaises de la capitale.

Une odeur d’épices embaume la pièce. Les croyants passent un à un devant des autels chargés d’idoles. Les statues sont dorées et ornées de bijoux. La plus imposante : celle de Ganesh, dieu de la sagesse à tête d’éléphant. Il est célébré tout au long de l’année. Mais, aujourd’hui, vendredi 19 avril, les fidèles fêtent la pleine Lune ou Sittirai Pournami. Cette journée est dédiée aux figures maternelles défuntes. Pour l’occasion, les pujas (prononcez poudja) – prières hindoues – s’enchaînent toute la journée. Deux prêtres, Sumaske et Gianapathi, sont présents pour guider les croyants. Ils entament les chants rituels récités en boucle tout au long de la journée. Les fidèles chantent des prières personnalisées à la gloire de leurs mères ou grand-mères disparues. L’un d’eux, Monsieur Rajkumar précise : « On peut offrir le repas préféré de la figure maternelle qu’on est venu honorer ».

Une deuxième maison pour les diasporas indienne et sri lankaise

Justement, c’est l’heure du déjeuner. Dans un coin de la pièce, une femme mélange du riz avec des légumes en ajoutant du cumin et du curry. Elle s’appelle Sudah Rajkumar. Elle gère le temple que son oncle, immigré sri lankais, a fondé, il y a trente-trois ans. Sudah a trente-sept ans, elle habite à Paris depuis cinq ans avec son mari et son petit garçon Djanouch. Vêtue d’un sari bleu, une longue natte de cheveux noirs lui tombant sur l’épaule, elle cite un proverbe hindou : « on ne peut vivre dans une ville sans temple ». La gérante des lieux considère que les fidèles se sentent « mieux ici que chez eux ». Sudah Rajkumar sourit, elle aime parler de sa foi. « Ganesh, c’est aussi un peu comme un psy, parce que l’hindouisme, c’est plus qu’une religion ». Et pour elle, le temple Ganesh n’est pas seulement un lieu de prières, mais plutôt un lieu de vie.

Le prêtre indien Sumaske accompagné d’un fidèle. © RS

Isha, un fidèle d’une cinquantaine d’années, explique l’importance du temple pour lui. Arrivé en 1991 en France, il ne parle pas très bien la langue et semble très timide. Petit et frêle, l’homme à la moustache noire bien garnie vient au moins une fois par semaine, malgré des horaires de travail exigeants. Cet employé d’un fabricant de tentes de Bobigny, se rend au temple Ganesh seul ou en famille, pour prier, discuter avec des amis ou déjeuner avec les prêtres.

ganesh c’est aussi un peu un psy

La gérante, Sudah considère ce lieu de culte comme un centre culturel dédié à l’échange et à la méditation. Le temple est une association loi 1901, il subsiste grâce aux dons des fidèles. Chaque jour, Sudah et quelques bénévoles préparent des paquets d’offrandes composés de fruits : noix de coco, bananes ; de lait ou de sucre. Ils sont à disposition des croyants sous condition d’un don. La logique du temple : « ici, chacun participe selon ses moyens », personne ne doit être exclu comme l’explique la nièce du fondateur. La somme est libre, mais aucun ne semble donner moins de cinq euros. Ils offrent ensuite ces corbeilles aux divinités. Chaque visiteur peut dédier sa prière à un dieu, ou à plusieurs. Certains viennent méditer ou se recueillir sans faire appel à une figure spécifique. La plus emblématique reste celle de Ganesh. Ce dieu central de la religion hindou sera célébré le dimanche 1er septembre 2019. Pour l’occasion, le temple organisera, comme tous les ans, une procession festive à travers la capitale.

Monsieur Rajkumar et son fils Djanouch posent devant des autels dédiés aux divinités hindoues. © RS

L’hindouisme en bref

L’hindouisme est défini par la Cour suprême de l’Inde comme reposant sur six « principes ». Premièrement, l’acceptation et respect des autorités religieuses instituées et du texte saint Veda. Deuxièmement, la tolérance et la bonne volonté. Troisièmement, la connaissance des dix systèmes de philosophie hindoue. Le quatrième précepte implique de croire en la renaissance des êtres. Le cinquième insiste sur l’importance d’avoir conscience des multiples moyens d’accéder au salut. Et en sixième lieu, le fidèle hindou doit respecter le choix de chacun d’adorer ou non des idoles liées aux 330 millions de divinités. L’hindouisme ne connaît pas d’autre loi ni contrainte que celles-ci.

À regarder aussi : Reportage de France 3 Île-de-France sur la fête de Ganesh 2018
Rachel Saadoddine

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