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Une soirée aux Piaules, plus qu’une auberge de jeunesse

A Belleville, Les Piaules accueillent toute l’année touristes et Parisiens. Lieu de vie pour les premiers, lieu de fête pour les seconds, ils viennent tous pour des raisons différentes. Reportage un vendredi soir, dans la salle commune de l’auberge de jeunesse.

Un immeuble art déco qui donne sur le boulevard de Belleville. A l’intérieur, une grande salle toute en longueur, des tables rectangulaires, un immense bar en bois et en zinc, des canapés confortables, un baby-foot et un photomaton. Un DJ joue un set rap et soul pour animer la soirée. Un brouhaha multilingue couvre la musique. On parle anglais, espagnol, turc et français.

Rien – ou presque – ne laisse à penser qu’il s’agit d’une auberge de jeunesse. Seuls indices, un réceptionniste surfant sur son ordinateur portable au bout du bar, et des menus inscrits en anglais sur des ardoises. A part ça, celle qui a été élue meilleure auberge de jeunesse de France en 2017 par le site Hostelworld, ressemble davantage à un bar branché.

Venir seul pour faire des rencontres

Kurt, un Américain de 31 ans, a choisi cette adresse pour son premier séjour à Paris: « Les photos m’ont convaincu. Je n’ai jamais vu d’auberge de jeunesse avec une décoration aussi tendance. » Colin, en face, partage cet avis. Le Canadien de 37 ans s’y connaît en auberges, il en a même fondé une en Estonie. Les deux hommes viennent d’arriver en France, ils partagent la même chambre. Et comme trois quarts des clients selon le constat de Louis Kerveillant, l’un des trois gérants, ils sont venus seuls.

« Il y a cinq heures, on ne se connaissait pas, et là on mange un kebab ensemble ! »

Kyle, Américain de passage

A deux tables de là, Kyle et Will, la vingtaine, tous les deux Américains, sont venus pour faire des rencontres. « C’est la partie la plus fun de l’auberge de jeunesse et la grande salle favorise ces échanges, souligne Kyle. Il y a cinq heures, on ne se connaissait pas, et là on mange un kebab ensemble ! »

 

Un lieu cosmopolite

Dans les chambres, huit clients sur dix sont étrangers. Côté bar, ce sont au contraire une grande majorité de Parisiens qui consomment. Chaque week-end, les soirées DJset attirent les habitants de la capitale qui viennent passer des soirées entre amis. « Beaucoup viennent aussi pendant l’après-midi pour faire du coworking », précise Louis Kerveillant.

François a 26 ans et est un client régulier. « La première fois, j’ai trouvé l’endroit très cool mais je ne savais pas du tout que c’était une auberge de jeunesse ». Lui et son groupe d’amis, tous architectes et designers, ont été attirés par le décor atypique du bar. Eux ne viennent que pour passer un bon moment entre eux comme dans n’importe quel bar. « Une seule fois, un mec qui était tout seul est venu nous rejoindre, mais c’est vrai que d’habitude, on reste plutôt entre nous », raconte Clothilde.

Un concept en vogue

L’atmosphère des Piaules a influencé certains clients. La première fois que Gabriel s’est rendu dans le bar, c’était avec son patron, qui connaissait déjà l’auberge. « On était là pour observer un peu l’ambiance et se donner des idées, pour ouvrir un établissement du même type à Lyon », explique-t-il. Depuis cette visite, leur projet s’est concrétisé : un bar-restaurant avec une vraie cuisine et des chambres, qui rappellent l’esprit de leur source d’inspiration parisienne. Aujourd’hui, il revient simplement pour boire un verre avec ses cousins.

Dans la capitale, les trois fondateurs des Piaules ont prévu de développer leur offre. Autour du quartier de Nation, un nouvel établissement devrait ouvrir en 2021.

 

Lucie Mouillaud et Elodie Vilfrite

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